Cercle Robert de Baudricourt : Camp Nicolas Stofflet 2026

Un esprit de famille et une école de l’anti-libéralisme

Les 20 et 21 juin, à Pont-à-Mousson, le Cercle Robert de Baudricourt organisait son grand
rassemblement annuel : le Camp Nicolas Stofflet 2026. Malgré une chaleur estivale particulièrement intense, cet événement a réuni de nombreux fidèles venus de Lorraine et d’autres provinces pour forger leur intelligence, fortifier leur cœur et faire vivre la légitimité qui caractérise notre combat.
Au-delà d’une simple réunion d’étude, ce camp a rappelé une vérité essentielle : l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) est une famille. Une communauté organique et concrète, unie non par l’intérêt ou l’humeur du moment, mais par un attachement commun aux Lois Fondamentales du Royaume de France.

Un accueil mémorable

Dès le samedi matin, les fondations de ce week-end de transmission ont été solennellementposées. Monsieur Franck Reny, président du Cercle Robert de Baudricourt, a eu l’honneur d’accueillir chaleureusement la famille Saclier de la Bâtie à son arrivée sur les lieux.

Cet accueil empreint de respect et témoignant de l’union indéfectible entre le cœur du mouvement et ses forces provinciales a été immédiatement suivi par le discours d’ouverture du président du Cercle de Lorraine, marquant le coup d’envoi officiel des travaux et rappelant les exigences doctrinales du camp face aux dérives du siècle.

Aussitôt après cette allocution, le responsable patrimoine et formation du Cercle Robert de Baudricourt a pris la parole pour dispenser une conférence magistrale consacrée à la vie de Nicolas Stofflet. Retraçant l’épopée de ce héros contre-révolutionnaire, son intervention a littéralement capté l’auditoire, plongeant immédiatement les participants dans l’esprit de fidélité et d’exigence doctrinale qui allait guider tout le week-end.

À l’ombre des géants : l’hommage à nos figures de proue

Placé sous l’égide héroïque de Nicolas Stofflet, généralissime de la Grande Armée Catholique et Royale, le camp a également rendu un vibrant hommage à Monsieur Gérard Saclier de la Bâtie (1925-2006). Pour les militants du Cercle Robert de Baudricourt, né en 2009 dans la lignée directe de l’expansion provinciale de notre mouvement, évoquer sa mémoire, c’est remonter aux sources mêmes du sursaut légitimiste et de la résistance catholique face à la tourmente moderne.

Co-fondateur de l’AGLF en 1957 aux côtés de Mlle Marie-Louise de Tassin, puis fondateur de l’UCLF en 1979, il fut l’homme de la constance absolue, nous léguant une devise empruntée au Comte de Chambord gravée dans le bronze : « Ma personne n’est rien, mon principe est tout. »

La participation constante à nos côtés de son fils, Monsieur Hugues Saclier de la Bâtie, actuel président de l’UCLF, de ses trois sœurs et de son beau-frère Monsieur Dewynter, a donné à nos travaux la force d’un souvenir vivant et d’une transmission dynastique ininterrompue.

Rigueur doctrinale et refus des compromis modernes

Si le programme du samedi après-midi a connu une légère inversion dans l’ordre de présentation des conférences, la rigueur de l’enseignement est restée totale.

Anatomie de la Révolution et danger du libéralisme pratique : La première cellule a mis à nu les pièges du monde contemporain. Le conférencier a longuement dénoncé le poison du libéralisme pratique, qui pousse à pactiser avec l’erreur par pur opportunisme électoral. Pour illustrer la pureté de la contre-offensive, la figure espagnole de Don Salva a été mise à l’honneur, érigeant l’intransigeance doctrinale en rempart face au siècle.

La seconde cellule d’étude s’est penchée sur les structures de la Monarchie Traditionnelle. Les participants ont notamment analysé le célèbre Discours de la Flagellation, prononcé par Louis XV en 1766 devant le Parlement de Paris. Un texte majeur qui rappelle avec force que la souveraineté réside dans la personne seule du Roi, ordonnée au Bien Commun, brisant ainsi les prétentions subversives des corps intermédiaires révoltés.

Le Camp Chouan : l’héritage d’une formation à taille humaine

Ce souci de se former intellectuellement au sein de structures à taille humaine fait directement écho à la décision historique de Gérard Saclier de la Bâtie et de Pierre Bodin (figure clé du mouvement et ancien vice-président et président) de lancer le tout premier « Camp Chouan » à l’été 1990. Face aux crises et aux défections vers les partis républicains après la mort brutale du Prince Alphonse en 1989, ils avaient compris que seule la formation par l’étude pouvait garantir l’avenir. Trente-six ans plus tard, le Camp Nicolas Stofflet perpétue fièrement cet esprit de citadelle doctrinale.

Convivialité provinciale : la Lorraine s’invite à table

Fidèles à la tradition, les moments de partage et de convivialité ont été le ciment de ce rassemblement. Parce que la table est, dans la France chrétienne, le lieu par excellence où l’on scelle les fidélités et où l’on forge la communauté organique, l’accent a été mis sur le terroir provincial. La Lorraine étant une terre de haute gastronomie, les produits locaux ont été fièrement mis à l’honneur, régalant l’assistance et démontrant la richesse de nos traditions culinaires.

Le samedi soir, profitant de la fraîcheur bienvenue de la nuit après la chaleur étouffante de la journée, toute cette grande famille s’est retrouvée pour partager le dîner dans le parc, prolongeant les débats dans une atmosphère chaleureuse et détendue.

Au cœur du combat : la sainte liturgie, source de notre espérance

Un camp légitimiste ne saurait être une simple université politique ; il revêt par nature une dimension sacrée. Le sommet de ce rassemblement s’est ancré là où la Vérité ne tremble pas : au pied de l’autel.

Le dimanche matin, en la chapelle Saint-Roch d’Ars-sur-Moselle, les participants se sont rassemblés pour la Messe de Saint Pie V, célébrée par Monsieur l’Abbé Knittel. Ce saint sacrifice a été offert pour le repos de l’âme de Monsieur Gérard Saclier de la Bâtie, pionnier infatigable de la défense de la Liturgie de toujours.

Notre combat pour la Couronne terrestre du lys n’est que le reflet et l’instrument de notre soumission absolue à la Couronne céleste du Christ-Roi. Accueillie avec une immense gratitude, la présence sacerdotale de Monsieur l’Abbé lors du déjeuner qui a suivi la Messe est venue sanctifier nos efforts, rappelant que l’action politique légitimiste reste stérile si elle n’est pas entièrement ordonnée au Roi des Rois.

De la transmission à l’envoi : la clôture du dimanche

L’après-midi du dimanche a vu les réflexions se poursuivre et se clore magistralement. Après avoir lui-même dispensé la dernière conférence de ce cycle d’études, Monsieur Franck Reny a repris la parole pour prononcer le discours de clôture. Un moment fort qui a permis de synthétiser les enseignements de ce rassemblement et de tracer les lignes directrices des combats futurs pour le Cercle.

À la suite de cette allocution, Monsieur Hugues Saclier de la Bâtie, président de l’UCLF, a pris à son tour la parole. Après avoir chaleureusement remercié les organisateurs pour la qualité de leur accueil, il est revenu sur l’histoire de l’Union des Cercles Légitimistes de France. Il a vivement encouragé l’assistance à persévérer dans l’effort nécessaire de formation intellectuelle et a incité chacun à faire connaître et à diffuser la Gazette Royale.

Puis, le silence est retombé sur l’assemblée. Un silence lourd, presque palpable, alors que résonnaient encore les derniers mots des allocutions. C’est à cet instant précis, quand vient l’heure de ranger les carnets et de rassembler les affaires, que la réalité de la séparation s’est imposée aux cœurs.

Alors, les gestes se sont faits plus lents. Les poignées de main se sont éternisées, devenant des accolades plus franches, plus serrées, comme pour retenir encore un peu la chaleur de cette famille retrouvée. Aucun long discours n’était plus nécessaire : les regards se sont croisés, profonds, chargés d’une complicité que seuls partagent ceux qui servent la même cause. Dans ces yeux qui se fixaient, il y avait la promesse muette de ne rien lâcher, une fidélité gravée dans l’âme qui se passait volontiers de mots. On se regardait pour se dire « merci », pour se dire « à bientôt », mais surtout pour s’assurer que l’autre tiendrait toujours bon dans la citadelle de son devoir.

Remerciements

Un immense merci à Monsieur l’Abbé Knittel pour son précieux soutien sacerdotal, ainsi qu’aux conférenciers pour la clarté et la rigueur de leurs interventions.

Nous tenons également à exprimer notre profonde gratitude à Monsieur Hugues Saclier de la Bâtie, à ses sœurs et à son beau-frère, qui n’ont pas hésité à faire le déplacement depuis l’Anjou et la Bretagne pour honorer notre province de leur présence.

Enfin, toute notre reconnaissance va aux cuisiniers, aux serveuses et à l’ensemble des bénévoles qui ont généreusement donné de leur temps et de leur énergie. Par leur dévouement infatigable dans l’intendance, ils ont fait de ce rassemblement une totale réussite : sans eux, rien n’aurait été possible.

Vive Dieu ! Vive le Roy !

Vive la France de Sainte Jeanne d’Arc ! Vive la Lorraine de Nicolas Stofflet !

Le Cercle Robert de Baudricourt