Complot international des jeunes en faveur du climat, ou grossière manipulation politique ?

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Tôt ce vendredi 15 mars au matin, les postes de radio dévoilent une nouvelle extraordinaire par un très spontané « aujourd’hui la jeunesse mondiale se mobilise dans la rue pour le climat ». Il s’agit — nous explique-t-on — d’obliger les gouvernements à enrayer la hausse de la température moyenne de la Planète.

Une escroquerie médiatique : « LES jeunes manifestent pour le climat »

S’il faut suivre les médias, nous sommes tenus de croire à l’existence d’une organisation internationale des « jeunes » dont personne ne soupçonnait l’existence — une organisation occulte donc —, suffisamment puissante pour commander dans « 112 pays » une révolte des intéressés. En tenant compte que l’annonce la mobilisation générale s’est faite avant la tenue du moindre attroupement, une explication plus plausible s’impose : les médias de 112 pays ont reçu la consigne de relayer un mot d’ordre pour mobiliser les jeunes les plus crédules. De fait, on a assisté toute la journée à un matraquage de la grande presse, à un rabattage gigantesque et totalement disproportionné si on observe la mobilisation réelle sur le terrain.

Cet évènement illustre parfaitement les techniques de manipulation de masse utilisées depuis l’aube de la Révolution de 1789. Par delà les prétextes invoqués (ici la protection du climat) il y toujours l’objectif occulte de réaliser l’unité d’une société sans recours à ce qui unit naturellement : l’autorité soumise la loi naturelle. Afin de créer cette unité artificielle, on recoure à deux procédés mis en évidence par le sociologue Augustin Cochin pour décrire la substitution de la société naturelle par ce qu’il appelle « les sociétés de pensée » :

  • l’argument du fait accompli.
  • l’argument de l’opinion publique.

L’argument du fait accompli

Pour assurer l’unité de pensée sans dogme ni credo, la règle est de ne jamais aborder le sujet qu’au nom d’une décision collective déjà prise 1. (Augustin Cochin, Les sociétés de pensée et la démocratie moderne.)

Et en effet, personne n’a été consulté pour cette journée de manifestation des « jeunes » en faveur du climat. On ignore également qui est à l’origine du mot d’ordre, qui organise. Cependant l’ampleur de la manifestation (112 pays) laisse à penser qu’il s’agit d’une « décision collective ». Si ceux qui tirent les ficelles restent inconnus, en revanche leur action est très visible : déclarations des manifestations le jour J, mobilisation mondiale des médias, mot d’ordre intimant « LES » jeunes de participer (sous entendu : « tu es jeune, donc tu es obligé de te joindre aux autres. »)

L’argument de l’opinion publique

Les sociétés traditionnelles sont toutes fondées sur la loi naturelle — ou loi du bon comportement de l’espèce humaine — qu’elles s’efforcent de réaliser (Ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir…) Le rôle de l’autorité dans ces sociétés est de rappeler la loi naturelle (ou « loi droite raison » dit un Cicéron 2) pour obliger en conscience les sujets à réaliser le bien commun. Il n’y a donc pas viol des consciences et c’est pourquoi Hannah Arendt peut dire que :

L’autorité implique une obéissance dans laquelle les hommes gardent leur liberté. 3

À l’opposé, l’objectif d’une société de pensée est de réaliser l’unité en se passant à la fois de l’autorité et de la référence à la loi naturelle. L’anarchie résultante peut être contrecarrée par le joug de l’opinion publique qui sert de levier pour contraindre les consciences à s’aligner sur les décisions prises par le pouvoir. Augustin Cochin précise :

L’opinion  commune (ici entendue comme expérience commune 4 ) est que le chaos règne où règne l’anarchie au sens propre du mot, ― absence de toute autorité, celle d’un homme ou d’une doctrine. C’est une erreur : l’anarchie peut s’allier à l’ordre sous ses deux formes, unité de direction, unité d’opinion ; et la moindre société de pensée accomplit le miracle 5.

L’opinion publique fabriquée artificiellement par les médias se substitue à la conscience morale des personnes. Elle génère bien l’obéissance, mais une « obéissance servile 6», « parce qu’elle peut nuire » souligne Tocqueville. Pire, une foule de faibles reprend en cœur les slogans du moment en lançant des regards meurtriers à ceux qui ne se soumettent pas à la nouvelle puissance monstrueuse, anonyme et illégitime. En effet : malheur aux récalcitrants ! car selon le mot du révolutionnaire Barrère :

Il faut les condamner aux galères de l’opinion 7.

Ainsi, est-il impossible actuellement d’émettre publiquement un doute sur le dogme de l’origine humaine du réchauffement climatique. Et ceux qui ne manifestent pas ostensiblement leur adhésion sont considérés au moins comme les complices des criminels anonymes responsables du réchauffement. Aucun argument rationnel — comme le fait que ce souci public est apparu comme par magie il y a moins d’une dizaine d’années — est audible.

La finalité de la société de pensée

L’opinion publique n’est pas une génération spontanée, elle naît au sein de ces sociétés artificielles que constituent les sociétés de pensée. Les sociétés réelles (communautés de métier, villes, familles…) sont ancrées dans le réel, elles portent tout un chacun à l’effort d’assumer ses devoirs pour réaliser le bien commun, et laissent peu de place à l’utopie. Aussi, pour cacher cette réalité forcément réactionnaire — n’empêche-t-elle pas un moderne de penser librement ? —, il faut remplacer la société réelle par des sociétés de pensée dont Cochin dit que :

– l’essence est la discussion verbale et non l’effort réel,
– le but [est] l’opinion et non l’effet 8.

Cette manifestation pour un motif aussi vague que le climat — sur lequel objectivement, personne ne peut rien de concret —, est la parfaite illustration de la société de pensée utilisée afin de forger l’opinion publique. En effet, il n’est qu’à observer la bienveillance et surtout la place que les médias accordent à ces tout petits rassemblements, à coté du traitement réservé à des manifestations autrement plus importantes comme celle des Gilets jaunes ou celle de la Manif pour tous. Pourquoi une telle différence de traitement ?
Dans le premier cas le motif artificiel est forgé par les médias et les politiques.
Dans les deux autres cas, le motif est très concret : soit la réelle dureté de la vie, soit la défense de l’intégrité de la nature humaine avec des familles naturelles composées d’un papa et d’une maman.

Si on revient à l’affaire du climat, le témoignage d’un Philippe de Villiers devient désormais inaudible. Pourtant le Vendéen, alors député européen, s’est trouvé fortuitement, le 17 mars 2007, témoin d’une réunion de la Trilatérale où des politiques et des membres du grand patronat décidaient de l’opportunité et des modalités de cette nouvelle grande peur du changement climatique.

Intérêt pour les multinationales : détourner les esprits des vrais enjeux. Le modèle libéral « tout économique » de nos sociétés nécessite de relancer périodiquement les marchés pour garantir des gains aux actionnaires. L’impératif imaginé de la transition écologique remplit cet objectif caché derrière un slogan mobilisateur : « la sauvegarde de la Planète ». Qui donc oserait s’opposer à un si bel objectif affiché ? Mais quelqu’un peut-il répondre aux questions suivantes :

  • Pourquoi, avec tant de belles paroles dispensées par les multinationales et les gouvernements depuis tant de décennies, pourquoi la nature se meure-t-elle partout : disparition des insectes, des oiseaux, désertification, appauvrissement catastrophique de la diversité des essences végétales. Voilà pourtant des problèmes réels que les politiques seraient en mesure de résoudre en contraignant les industries.
  • Pourquoi, dans des opérations de « com », les gouvernements encouragent-t-ils les mobilisations pourtant censées les accuser d’inaction ? (On se souvient de la farce d’un Emmanuel Macron recevant la jeune militante Greta Thunberg, et lui lançant un très démagogique « je peux le faire mais aidez-moi 9 » ) N’est-ce pas parce que ces mobilisations sont inoffensives pour le pouvoir, et inutiles pour le but affiché ? Si c’est le cas, alors quel est le véritable but de tout ce tapage politico-médiatique ?

Intérêt pour les politiques : réaliser une unité mondiale artificielle en détournant les consciences des vrais problèmes dont ils sont responsables : immigration de masse, appauvrissement général, perte des identités et de la mémoire nationale, liquidation des services publics, démantèlement de l’éducation, destruction des vieux pays eux-mêmes pour instaurer le marché unique mondial…

Conclusion

On mesure alors l’aubaine que constitue cette Journée des jeunes pour le climat pour le gouvernement français qui peut ainsi enterrer le mécontentement légitime des Gilets jaunes. Il peut faire oublier la dureté de la vie de tous ceux qui pâtissent des conséquences réelles d’une politique destructrice.

Encore une fois, l’opinion publique est forgée anonymement par des puissances qui désirent l’utiliser à leur profit. Elle est diffusée ensuite par les grands médias, tous aux mains de vastes ensembles où frontières entre multinationales et pouvoirs politiques sont de moins en moins discernables. Enfin elle imprègne les esprits au sein des sociétés de pensée créées si besoin pour l’occasion. Cette opinion est artificielle : d’une part elle vise à cacher la réalité et, d’autre part, elle se substitue dans les consciences à la loi naturelle pour devenir la nouvelle norme de l’agir. De fait, elle constitue l’outil privilégié des gouvernements modernes dont le propre est de refuser la transcendance de la loi naturelle pour imposer une idéologie à leur mesure. Si le vrai en soi, le beau en soi et le bien en soi n’existent plus, les objectifs deviennent relatifs et se réduisent à la volonté arbitraire de ceux qui gouvernent.  Le menu fretin n’a plus qu’à obéir servilement.

Vivement donc le retour à la chaîne d’autorité dont le roi est le sommet sur terre, pour retrouver une obéissance libre, selon la loi de droite raison (ou loi naturelle) partagée par tous les hommes.
Vivement le retour des rois pour vivre dans la vérité, dans la paix et dans l’honneur.

Références   [ + ]

1, 5, 8. Augustin Cochin, Les sociétés de pensée et la démocratie moderne, Chapitre IV, « Le gouvernement révolutionnaire », 1921 (publication posthume).
2. « Il est une loi véritable, la droite raison, conforme à la nature, universelle, immuable, éternelle dont les ordres invitent au devoir, dont les prohibitions éloignent du mal. Soit qu’elle commande, soit qu’elle défende, ses paroles ne sont ni vaines auprès des bons, ni puissantes sur les méchants. Cette loi ne saurait être contredite par une autre, ni rapportée en quelque partie, ni abrogée tout entière.

Ni le sénat, ni le peuple ne peuvent nous délier de l’obéissance à cette loi. Elle n’a pas besoin d’un nouvel interprète, ou d’un organe nouveau.
Elle ne sera pas autre dans Rome, autre, dans Athènes ; elle ne sera pas autre demain qu’aujourd’hui : mais, dans toutes les nations et dans tous les temps, cette loi régnera toujours, une, éternelle, impérissable ; et le guide commun, le roi de toutes les créatures, Dieu même donne la naissance, la sanction et la publicité à cette loi, que l’homme ne peut méconnaître, sans se fuir lui-même, sans renier sa nature, et par cela seul, sans subir les plus dures expiations, eût-il évité d’ailleurs tout ce qu’on appelle supplice. » (Cicéron, De republica, libri III, 17, in La république de Cicéron traduite d’après un texte découvert par M. Mai, par M. Villemain de l’Académie française, Didier et Cie librairies-éditeurs, 1858, p. 184-185.)

3. Hannah Arendt, La crise de la culture, Folio Essais, p. 140.
4. Note de uclf.org
6. Tocqueville, L’Ancien régime et la Révolution, Livre 2, Chap. IX
7. Barrère, cité par Joseph de Maistre, « Discours du citoyen Cherchemot »
9. Voir l’article CNEWS, « Climat : Emmanuel Macron a reçu la militante Greta Thunberg ».