Succès de l’Université Saint-Louis 2021

C’est à l’ombre des grands arbres du château du Parc, près de Poitiers, qu’en cette fin du juillet se tient l’édition 2021 de l’Université Saint-Louis (USL) parrainée par le roi Louis XX.

Les participants

Venus des quatre coins de la France métropolitaine, les participants sont des membres de l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF), ou de simples curieux de la monarchie traditionnelle. Si la moyenne d’âge des 61 cessionnaires actifs* est inférieure à trente ans, elle est bien plus faible si l’on compte les nombreux enfants des familles présentes, le benjamin de cette session affichant trois semaines (record battu). C’est donc dans une joyeuse ambiance, et sous un soleil radieux, que se succèdent les activités de cette trente et unième édition de l’Université.

* On compte comme cessionnaires actifs ceux qui travaillent dans un des groupes d’étude de l’Université.

Des études en petits groupes

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Ce sont des ateliers où chacun peut poser ses questions autour de textes regroupés dans les Cahiers de l’Université. L’objectif des groupes d’étude et des Cahiers est de dispenser une formation générale aux participants. Il s’agit d’étudier les principes de la légitimité ainsi que les doctrines qui lui sont hostiles. Cette année, les Cahiers insistent sur le caractère religieux du combat, caractère revendiqué par les modernes eux-mêmes.

Au sommaire des Cahiers 2021  :

1 Le combat légitimiste. On pose les enjeux du combat et les principes qui fondent les sociétés traditionnelles et modernes.

2 Pouvoir absolu, pouvoir arbitraire et obéissance, par Louis de Bonald. Bonald revient sur nombre d’expressions travesties par les tenants de la modernité.

3 La gnose mère de la modernité, par Éric Vœgelin. Dans ce texte, le philosophe politique germano-américain retrouve la filiation religieuse des doctrines révolutionnaires dans la gnose (qui est la religion de l’homme qui se fait dieu) et dans le millénarisme (qui est la foi dans un progrès de l’humanité).

4 Portrait du révolutionnaire, par Richard Hooker et Éric Vœgelin. À partir d’une description du révolutionnaire puritain réalisée par l’érudit anglican Richard Hooker, Vœgelin dresse un portrait type du révolutionnaire, que celui-ci soit libéral, communiste ou nationaliste.

5 Bientôt en France : la révolution « woke ».Dans Le Figaro du 2 juin 2021, l’universitaire jordano-américaine Lama Abu-Odeh décrit les révolutionnaires islamistes qui ont investi les universités arabes, ainsi que les activistes woke qui terrorisent en ce moment les universités américaines. Ces descriptions de révolutionnaires font échos à celles de Hooker et de Vœgelin dans le texte précédent.

6 Les concepts fondamentaux des sociétés de pensée et de la modernité.  Les sociétés de pensée servent à forger artificiellement l’opinion publique, ersatz de la chimérique “Volonté générale” qui fonde les sociétés démocratiques. Reprenant les travaux du sociologue Augustin Cochin, le philosophe Antoine de Meaux dévoile le caractère éminemment subversif de ces sociétés, véritable bras armé de la modernité pour détruire l’ordre naturel et la société chrétienne.

7 Nietzsche, ou l’esprit de subversion.  La modernité peut aussi se manifester selon un mode élitiste, anti-démocratique, et Nietzsche en est le prophète. La marche vers le Surhomme s’accélère en favorisant la loi du plus fort qui sélectionne les meilleurs. Aussi l’Église catholique ― qui enjoint les forts à aider les plus faibles ―, est-elle combattue comme la pire des corruptions.

8 Libres propos d’Adolf Hitler sur l’Église catholique. Si Nietzsche est le prophète de la société moderne élitiste et naturaliste de l’homme-dieu, Hitler en est le leader charismatique, celui qui la réalisera. Cet article reprend nombre de déclarations du Führer et leur oppose la doctrine catholique énoncée dans l’encyclique des papes Pie XI et Pie XII contre le nazisme Mit Brennender Sorge.

9 Synthèse légitimiste.  Une brève étude sur la nature humaine permet de dégager trois types de régimes qui présentent une légitimité positive :
– Les régimes qui reconnaissent institutionnellement la loi naturelle et le droit naturel associé.
– Les régimes qui reconnaissent que cette loi naturelle transcendante est due à un Suprême législateur (Dieu), et qui reconnaissent donc le droit divin.
– Les régimes qui reconnaissent la Révélation de Jésus-Christ, Seigneur et Modèle des rois.

Les Cahiers de l’Université Saint-Louis sont téléchargeables au format PDF : ICI.

Un cycle de conférences

Quelles élites pour demain ? est la question centrale qui sert de fil conducteur aux études réalisées cette année dans les différents cercles de l’UCLF. Dispensées par des étudiants et des enseignants, les conférences de cette session 2021 sont proposent une synthèse de cette question par trois volets emboîtés :
– La recherche des critères qui définissent les élites de notre tradition politique faisait l’objet d’une première approche.
– La comparaison avec les élites produites par la Modernité formait la seconde partie.
– Le troisième mouvement avait pour objectif de mettre en garde contre toute compromission tactique ou idéologique avec cette Modernité à plusieurs visages.

1 La domination manifeste d’un certain type d’hommes. C’est avec le philosophe Léo Strauss que s’ouvre la présentation des enjeux politiques, sociaux et culturels de cette question thématique dont l’analyse est développée ensuite avec la théorie des élites formulée par Gætano Mosca, Vilfredo Pareto et Roberto Michels. Une des caractéristiques fondamentales des élites est des servir d’exemple au reste de la population.

2 Honor, dignitas, nobilitas. C’est par ces trois termes latins — familiers aux médiévistes — que sont exposés les principes qui régissent sur plus d’un millénaire la formation et l’existence les élites de l’Occident chrétien, principalement à partir de la somme magistrale — Naissance de la noblesse — du professeur Karl-Ferdinand Werner. Construite à partir du modèle romain, la noblesse tire son honneur du service, tant par celui des armes que par l’exercice de charges publiques.

3 La société aristocratique. Loin d’être le monopole de la seule noblesse, cet exposé insiste sur la diffusion des principes aristocratiques dans l’ensemble du corps social au point d’entrer pour une part capitale dans la définition de la société traditionnelle fondée sur le service du bien commun. Cette diffusion de l’idéal du service explique aussi le renouvellement des élites  : à chaque génération, de nouvelles familles accèdent à la noblesse. L’idéal du service s’observe encore aujourd’hui dans de nombreuses familles descendantes de l’ancienne noblesse dont on retrouve, de façon très significative, des représentants dans l’armée ou dans la haute fonction publique.

4 Y a-t-il une mentalité bourgeoise ? Par contraste, cette intervention illustre, via les propos de l’artiste Léo Ferré, les paradigmes d’une société bourgeoise qui instrumentalise l’État et les lois pour se garantir la libre accumulation des richesses et leur jouissance. Le roi et la noblesse étant écartés, la seule élite restante est une bourgeoisie coupée de la tradition. Ce modèle individualiste se diffuse naturellement à toute la société, à telle enseigne que François Furet ne craint pas l’identification : « la bourgeoisie est l’autre nom de la société moderne 1. »

5 La ferme des animaux de Georges Orwell, allégorie de la société égalitaire  : Ce livre — qui se présente comme une allégorie de la société communiste soviétique — démontre l’impossibilité d’une société égalitaire, et donc d’une société sans élites. En effet, une élite qui ne dit pas son nom s’empare toujours du pouvoir, qui prétend garantir l’égalité, mais qui, faute de transcendance, ne réussit qu’à singer le modèle bourgeois en y ajoutant la terreur et l’esclavage «  volontaire  » grâce au conditionnement des esprits.

6 Les élites en démocratie prend appui sur les techniques de gouvernement modernes théorisées et mises en application, tant dans les démocraties libérales que dans les régimes totalitaires, ainsi que le dévoile le bréviaire machiavélien écrit par le publicitaire Edward Bernays intitulé Propaganda, inspiré de La psychologie des foules du socialiste Gustave Le Bon.

7 Les leçons politiques du Guépard sont l’occasion d’évoquer les illusions suicidaires de tout compromis avec la Modernité pour les élites traditionnelles, à travers les réflexions rétrospectives menées par Giuseppe Tomasi di Lampedusa dans Le Guépard, ce chef-d’œuvre de la littérature mondiale.

8 Julius Evola ou l’aristocratie dévoyée. Cette dernière étude vise à démystifier une œuvre complexe et pernicieuse qui se présente fallacieusement comme la restauration de la société aristocratique traditionnelle. En réalité Evola propose le modèle d’une noblesse orgueilleuse et égoïste, qui légitime sa domination, non par le service, mais par l’initiation.

Conclusion du cycle de conférences. Deux objectifs pratiques inspirent ce panorama prospectif. Il s’agit d’abord de se réapproprier ce modèle politique, social et culturel des élites traditionnelles dans le but de le réactualiser dans notre société à chaque niveau de responsabilité. Il s’agit ensuite de présenter les leviers stratégiques mis en œuvre aujourd’hui pour cet aspect du combat légitimiste.

Les objectifs de l’Université Saint-Louis

Qu’il soit généraliste (avec le Cahiers de l’Université), ou bien centré sur une thématique (avec les conférences), l’enseignement de l’Université Saint-Louis contribue à rallier les intelligences et les cœurs à la monarchie traditionnelle. Par son mode de fonctionnement organique ― qui promeut la responsabilité et l’autorité pour toutes les tâches tant spirituelles qu’intellectuelles ou matérielles ―, par l’harmonie et la joie qui en découlent, l’USL cherche à montrer aux participants ce que peut être concrètement une société chrétienne et la rendre ainsi désirable.

Une réussite pérenne

Comment résumer les moments si riches de cette édition où repas, promenade, visite, et joyeuse veillée ont permis tant de belles rencontres  ?
Comment remercier les organisateurs qui n’ont pas ménager leur peine tout au long de l’année, notre aumônier qui a accepté de passer cette semaine avec nous malgré un emploi du temps chargé, les conférenciers pour leurs recherches et leurs synthèses, ainsi que tous ceux qui ont accepté une responsabilité pour cette cession  ? Une mention spéciale doit cependant être faite pour notre intendante, qui a dû vaillamment s’organiser pour nourrir plus de quatre-vingt personnes à chaque repas.

C’est avec un cœur enthousiaste, animé d’une ardeur renouvelée, que les membres s’en sont retournés dans leur province respective, bien décidés à s’investir pour diffuser la légitimité et servir Dieu et le Roi pour le bien commun de notre pays.

Références

Références
1 François Furet, Le passé d’une illusion, Robert Laffont, col. Le livre de poche, Paris, 1995, p. 19.