Quelques grands scientifiques et religieux catholiques

Contrairement à une légende entretenue par la propagande anticléricale, l’histoire fournit de nombreux exemples de religieux catholiques passionnés de sciences.
Mieux ! plusieurs comptent même parmi les fondateurs ou les pionniers de nouvelles sciences. Cet attrait du catholicisme envers la science s’explique par l’impératif de cohérence de cette religion selon lequel il ne saurait y avoir de conflit entre foi et raison. C’est bien ce principe moteur qui est à l’origine de l’extraordinaire essor scientifique du monde occidental. Voici donc une collection de brèves biographies de religieux qui ont marqué les sciences.

Le chanoine 1 Nicolas Copernic (1473-1543)

Fondateur de l’héliocentrisme : reprenant les calculs de Ptolémée, il développe le modèle d’un Soleil central autour duquel tournent les planètes.
– Prêtre canoniste polonais (spécialiste du droit de l’Église).
– Médecin et coadministrateur d’un évêché de Pologne.
– Juriste, astronome et mathématicien.
– Vers 1530 (presque 100 avant Galilée) il offre au Pape Clément VII son ouvrage De Revolutionibus Orbium Coelestium (Des révolutions des sphères célestes) qui propose le modèle de l’héliocentrisme. Le souverain pontife accueille très favorablement l’œuvre. On parlera désormais de la Révolution copernicienne.

Le Père Paul Guldin (1577-1643)

Découvreur du théorème de mécanique qui porte son nom pour déterminer la position du centre de gravité d’un objet.
– Jésuite suisse. Né dans une famille protestante, il se convertit au catholicisme.
– Professeur de mathématiques et d’astronomie à l’Université grégorienne de Rome, à l’université de Grazet, puis à l’université de Vienne.

L’abbé Edme Mariotte (1620-1684)

Co-découvreur de la loi des gaz parfaits, ou loi de Boyle-Mariotte (Pession x Volume = Constante) et à ce titre, pionnier de la thermodynamique.
– Curé de Saint-Martin-sous-Beaune près de Dijon.
– Membre de l’Académie des sciences de Paris.
– Physicien et botaniste, il s’intéresse à de nombreux domaines : l’écoulement des fluides, les chocs, la couleur ; il découvre la tache aveugle de l’œil et modélise la circulation de la sève dans les végétaux.

L’abbé René Just Haüy (1743-1722)

Fondateur de la cristallographie géométrique.
– Prêtre français. Hostile à la Révolution, il est emprisonné en tant que prêtre réfractaire (il refuse de prêter serment à la Constitution civile du clergé).
– Membre de l’Académie des sciences de Paris, il est professeur de physique à l’École normale de l’an III, à l’École des Mines, à l’École normale supérieure puis à la faculté des sciences de Paris.
– Botaniste, minéralogiste, cristallographe, il ouvre la voie dans de nombreux domaines comme celui des propriétés électriques des cristaux.

Le Père Johann Gregor Mendel (1822 -1884 )

Fondateur de la génétique.
– Moine catholique au monastère Saint-Thomas de Brno (en Moravie) dont il deviendra la Supérieur. Il est germanophone de nationalité autrichienne.
– Professeur de physique et de sciences naturelles dans les collèges et lycées des environs du monastère.
– Météorologue, botaniste spécialiste de la physiologie végétale, il découvre les lois de transmission des caractères génétiques (lois qui portent son nom) en étudiant l’hybridation des petits pois.

Le chanoine Georges Lemaître (1894-1966)

Inventeur du modèle du Big-Bang..
– Prêtre dans la Fraternité sacerdotale des amis de Jésus, il reste toujours fidèle au thomisme.
– Chercheur en astrophysique à l’université de Cambridge, puis aux États Unis au Harvard College Observatory ainsi qu’au MIT. Professeur de physique, d’astronomie et de mathématiques à l’université catholique de Louvain, il est aussi président de l’Académie pontificale des sciences.
– Il contribue à l’élaboration du modèle de la relativité générale.

L’abbé Henri Breuil (1877-1961)

Surnommé “le Pape de la préhistoire”, il apporte une contribution majeure à la classification des industries paléolithiques et à l’étude de l’art pariétal préhistorique.
– Prêtre sulpicien français dispensé de paroisse, il se consacre entièrement à ses travaux de préhistorien dans un but d’apologétique catholique.
– Premier préhistorien professionnel de France, il enseigne la préhistoire à l’université de Fribourg, puis l’ethnographie historique à l’Institut de paléontologie humaine de Paris, et à nouveau la préhistoire au Collège de France.
– Il est reconnu comme le spécialiste international de l’art pariétal préhistorique. Il est le premier préhistorien à explorer et décrire les grottes de Lascaux.

Références   [ + ]

1. Un chanoine est un religieux vivant en communauté sous la Règle de saint Augustin et au service d’une église.