Avortement en Irlande : les Chrétiens qui jouent à la démocratie ont encore perdu

Référendum sur l’avortement en Irlande : les deux tiers des Irlandais ont choisi la culture de mort

Lu sur Réinformation TV, 28 mai 2018 :

Les Irlandais ont voté à 66,4 % pour le retrait de l’amendement numéro 8 de leur constitution qui affirme le droit égal à la vie de la mère et de l’enfant à naître. Les deux tiers des Irlandais, lors d’un référendum qui a mobilisé 64,51 % des votants – un record – ont choisi la culture de mort, qui révèle ici toute la tragique profondeur de sa réalité. La mort donnée, la mort choisie a en effet fait son entrée massive dans la pensée populaire irlandaise, dans la « culture » très exactement. Seul un comté, celui du Donegal, a voté « non » avec une faible avance, soit 51,9 %. Tout le reste du pays a dit « oui » à la mise en place d’une libéralisation de l’avortement – car c’est bien de cela qu’il s’agit –, avec des pics dans les zones urbaines et chez les plus jeunes qui sont à près de 90 % favorables à l’avortement à la demande. Mais comment ont-ils été formés ?
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Le suicide catholique du suffrage universel

Tels sont les fruits inéluctables de la modernité, de l’Homme autonome, de l’Homme affranchi de la loi naturelle et divine, de la Nation souveraine. “Est bon ce qui est légal” et “est légal ce que veut la nation“, “la nation c’est la majorité“, voilà les règles truquées de la démocratie, la machine à perdre les chrétiens.
Nos ennemis se tuent à nous le dire, mais nous ne voulons pas les entendre. Le philosophe Marcel Gauchet, invité quasiment routes les semaines à France Culture le proclame :

La république c’est le régime de la liberté humaine contre l’hétéronomie 1 religieuse. Telle est sa définition véritablement philosophique 2.

En acceptant la démocratie, en acceptant le cadre politique républicain, les catholiques sont encore plus responsables et criminels que les autres.
Cela fait longtemps que les légitimistes lancent les signaux d’alerte comme en témoigne le texte Principe du moteur de la Révolution ou le piège fatal du suffrage universel  :

Par exemple, quand un pays organise un référendum sur l’avortement, voici ce que l’on entend parmi les catholiques conscients du caractère monstrueux de cette consultation électorale : « Je sais que voter dans cette situation est intrinsèquement mauvais mais si je peux grâce à ça sauver des vies…» Résultat : de toute façon le « oui » sera voté, sinon la Révolution répétera l’opération jusqu’à ce que le « oui » passe, et ce sera définitif, car on n’arrête pas le « sens de l’histoire ». Et nos bons catholiques de se lamenter et de lever les bras…
Cette attitude réactionnaire est irresponsable : ce n’est pas contre l’avortement qu’il faut se battre, c’est contre les institutions politiques qui permettent que de tels choix soient possibles.

La reconstruction de la cité de Dieu passe d’abord par la préservation de ses combattants puis par l’affaiblissement de la cité de l’homme-dieu, donc par le refus des règles du jeu démocratique.
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Si au moins ces échecs répétés, cette longue série de combats systématiquement perdus pouvait leur ouvrir les yeux…

Références   [ + ]

1. “Les sociétés dites hétéronomes fonctionnent […] sur la base d’un système de valeurs découlant d’un principe qui leur est à la fois extérieur et supérieur : les normes de la vie individuelle et sociale sont ordonnées à une fin autre que la société, autre que les groupes ou les individus qui la composent. Ces sociétés constituées de manière hétéronome, de très loin les plus nombreuses dans le temps et dans l’espace, sont des sociétés fondées sur le fait religieux : elles sont marquées par la transcendance de la divinité au regard de la vie humaine et de son organisation sociale. Mais cette transcendance s’inscrit au plus intime de la réalité immanente, car la divinité qui est l’auteur de ces lois est également l’auteur de tout ce qui est, à tout instant.” (Jean-Luc CHABOT, Le Nationalisme, Col. Que sais-je ?, p.14.)
2. Marcel GAUCHET, “La république aujourd’hui”, La revue de l’inspection générale, no1, Janvier 2004.