Des possibilités de développement de la pensée légitimiste aux USA

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La pensée légitimiste, qui prône la loi naturelle et divine, rallie tous les jours de nouveaux combattants. L’UCLF développe donc naturellement des liens amicaux avec les légitimistes du monde entier. L’Ami américain est le webmestre du site The Fleur de Lys Club qui remporte un grand succès outre atlantique. Il a accepté d’être notre correspondant aux USA et de tenir une rubrique sur notre site pour éclairer les légitimistes français sur la politique américaine et l’état d’esprit de ses concitoyens.

Arithmétique
américaine : deux et deux font cinq

La singularité américaine

Il existe deux grandes vérités sur lesquelles reposent toutes les politiques menées par les États-Unis d’Amérique : « l’éthique protestante du travail » et l’idée fétiche de l’égalité.

Si la première apparaît bien écornée et de plus en plus en perte de vitesse, la seconde, tout juste énoncée, n’est pas encore parvenue au terme de son développement.

Il existe aussi deux grandes différences entre le citoyen américain d’aujourd’hui et ses homologues dans le monde y compris en France, et comme dans le cas de la vérité, il s’écoule pas mal de temps entre la première et la deuxième : l’une fut le manque de radicalisme et l’autre correspond à une axiologie reposant entièrement sur l’enrichissement matériel personnel.

Les psychologues lisant cet article auront vite discerné le lien existant entre les vérités qui définissent la politique américaine et les croyances qui séparent les américains de leurs homologues dans tel ou tel autre pays. Comme Alexis de Tocqueville l’a fort justement fait remarquer dans son ouvrage De la Démocratie en Amérique, cet État-nation s’est construit avec un petit nombre de Puritains très liés les uns aux autres entièrement acquis à l’idée de prédestination — ils pensaient tous de la même façon. Fort de ce consensus, le cadre historique de l’Amérique devint d’une solidité à toute épreuve et se trouva renforcé par une idéologie bourgeoise de sorte que toute politique radicale devenait inimaginable. Cependant tout cela est en train de changer.

Éléments de la psychologie des Américains

Au commencement les États-Unis ne constituaient pas une nation

En tant qu’universitaire j’ai toujours été frappé par les parallèles étonnants qui existent du point de vue historique et du caractère national, entre la Rome antique et les États-Unis actuels. Toutefois, à l’instar de tout organisme individuel (et l’État selon moi n’est autre qu’un super-organisme), je dirais qu’il y a beaucoup à dire sur l’histoire organique. Bien sûr je préfère cela aux ordures marxistes déversées par des doctrinaires, et en fin de compte, tout État, culture, et tribu qui ait jamais existé sur cette terre est unique en son genre. N’est-ce pas là ce qui fait la beauté du monde? En dépit du consensus d’un groupe puissant de calvinistes bourgeois — qui très vite après 1700 s’est facilement laissé gagné par la Franc-Maçonnerie —, la grande différence entre l’Amérique et Rome, c’est que ce groupe ne constituait pas en soi, une nation. S’il ne fait pas de doute que Rome s’est transformée en empire cosmopolite, elle ne comptait à ses débuts que des rustres partageant tous le même sang et les mêmes croyances dans la partie bucolique de la péninsule italienne.

Une unité réalisée sur un minimum commun : l’appétit de la propriété

Par manque de base commune leur permettant de construire l’empire dont ils rêvaient, les pères fondateurs calvinistes décidèrent dans un geste qui n’avait rien de chrétien que ce qui pourrait unir les protestants de toute dénomination (et quelques catholiques, qui jusqu’à encore récemment n’étaient pas très nombreux) serait de s’appuyer sur ce que le très diabolique Jeremy Bentham qualifiera un siècle plus tard, de principe de plaisir : ainsi quand tout a échoué il convient de se replier sur le plus petit dénominateur commun. La conséquence de tout cela — et je n’ignore pas que de nombreux américains ont des principes, une foi profonde et du courage et même pour certains beaucoup de talent —, c’est que rien ne les unit si ce n’est le fait que tous s’accordent pour dire que posséder des biens c’est bien et en posséder plus c’est encore mieux.

Un désaccord de principe sur tout le reste

Cette affirmation n’a rien de péremptoire. Si deux américains — d’un type un peu bizarre j’en conviens —, sont amenés à se parler dans de mauvaises conditions et que l’un prétend que sa tarte aux pommes est excellente alors que l’autre s’insurge devant une telle affirmation au motif que la pomme vivante a été cuite dans son jus et se voit infliger une torture inhumaine, eh bien il y a fort à parier que ce gourmet hypothétique reçoive un coup de barre à mine sur la tête… et maintenant que j’y pense, les américains se tuent tous les jours pour bien moins que cela.

En outre, tout le monde sait que la tarte à la cerise est bien meilleure.

J’espère chers amis que vous voyez à quel point les vérités et les différences au sujet du régime politique américain sont sources de conflit et les gens s’unissent pour mettre en place une bombe à retardement qui, même si elle a des ratés s’avère, malheureusement être maintenant le premier sujet d’attention au monde.

Note sur le militarisme américain

Ne pensez pas pour autant que l’américain moyen soit plus enclin aux conflits que le citoyen moyen d’un autre pays, c’est simplement que certaines réalités historiques et économiques ont permis à leurs antagonismes de se faire entendre davantage que précédemment. Et ceci nous amène au phénomène apparemment incompréhensible de l’esprit belliqueux des américains. Comme de Tocqueville l’a si habilement fait remarquer :

Après tout, en dépit de toutes les précautions, une grande armée au sein d’un peuple démocratique sera toujours une source de grand danger ; et la façon la plus sûre de diminuer ce danger consiste à réduire l’armée, mais c’est un remède que toutes les nations ne peuvent pas s’offrir.

Je pense vraiment que le militarisme américain est dans une large mesure involontaire… bien que les révolutionnaires — qui ont essayé de détruire notre civilisation tant dans votre pays qu’ici — poursuivaient un grand nombre d’objectifs. Nous pouvons également affirmer qu’à l’origine de ce militarisme se trouve l’éthique protestante du travail visant à accumuler toujours plus de biens matériels de façon toujours plus voyante.

Si je devais résumer l’histoire militaire des États-Unis, le soldat américain n’a jamais été différent des autres. Il ne fait pas de doute que d’autres armées furent plus féroces sur le champ de bataille ou mieux armées. Mais je dirais que la prouesse américaine tient plus à son matérialisme. En effet, l’Amérique possède un tel appareil logistique et une force de frappe telle qu’elle peut acheminer une grande quantité de matériels en n’importe quel point du globe même le plus petit, et il n’est donc pas exagéré de dire que la machine de guerre américaine est insurmontable.

Un nouveau messianisme égalitariste, radical et ivre de puissance

Et maintenant les fétichistes de l’égalité nés lors du déclin de l’oligarchie calviniste se sont parés des atours du radicalisme pour habiller leurs désirs crus de puissance — avec l’intention d’amener “la liberté” au monde entier.

Comme vous le voyez deux et deux font cinq et je ne pense pas que cette situation finira bien et à ce stade le compte n’y est pas.

 

L’avenir de la pensée légitimiste aux États-Unis

Un vivier chez les conservateurs les moins révolutionnaires

L’un des aspects les plus libérateurs du légitimisme c’est que nous ne définissons pas les hommes comme de gauche ou de droite, ou de haut en bas, ou encore comme fort ou faible, comme on le ferait pour un fromage sur le marché. Je fais partie de ceux qui critiquent de la manière la plus véhémente ces définitions dont on affuble la condition humaine.

Cela étant dit je suis tout à fait sûr qu’environ 90% des légitimistes potentiels aux États-Unis sont issus de la “droite” et 10% de la “gauche”. Pourquoi en est-il ainsi ? Eh bien une image vaut mieux que mille mots :

Loin de moi l’idée de vous choquer. Je veux seulement illustrer mon propos. La seule véritable différence entre un soi-disant libéral et un soi-disant conservateur américain, c’est que l’un est plus engagé sur la voie révolutionnaire que l’autre, ou en d’autres termes, plus près du nihilisme personnel et de l’aliénation mentale. C’est pratiquement impossible de les toucher maintenant, ils ne sont plus tout à fait humains quelle que soit la définition qu’on donne de ce terme.

Bien loin de moi également l’idée de vous dégoûter si vous êtes en train de manger, ou de vous inciter par peur à vous réfugier dans une grotte, mais très prochainement, la défaite de Trump viendra. Que ce soit aux prochaines élections ou dans quatre ans, peu importe et cet espèce de bipède malsain que vous voyez sur cette photo aura pris les commandes de l’appareil militaire le plus effrayant que le monde ait jamais connu. Je ne pense pas que Trump soit un maçon, et en toute vérité j’admire l’homme, et s’il avait plus de courage et de foi, il pourrait probablement faire la différence. Mais il est prisonnier du concept de duopole, paradigme artificiel dont la main maçonnique a enveloppé les États-Unis. Il a quand même réussi à se faire élire mais les crocodiles tapis dans le marigot de Washington ne laisseront jamais cette situation se reproduire.

Vers une prise de conscience des conservateurs non francs-maçons

Et c’est bien pour cela que je suis optimiste. Il y a quelques jours lors d’une conversation avec un de mes bons amis — doctrinaire typique membre du parti républicain —, j’ai souligné que les choses se sont plutôt bien passées pendant quelques générations après la Révolution (et là je ne fais absolument pas l’apologie de la couronne britannique, et encore moins de la maison protestante de Saxe-Cobourg et Gotha), et pourtant on ne peut pas s’empêcher de noter au sujet de la révolution américaine que deux maux ne font pas un bien. Il est fort probable qu’ils ont bénéficié d’une richesse matérielle et d’une liberté économique bien supérieure à la plupart des civilisations qui nous ont précédé. Puis, je lui ai demandé ce qu’il pensait de la situation actuelle. Il m’a répondu qu’actuellement les choses sont tolérables, mais selon lui demain sera probablement épouvantable et très certainement bien pire.

Étant d’accord avec lui, j’enfourchai alors le destrier blanc de la légitimité. Un grand destrier pourrait-on dire.

Les conservateurs ont littéralement fait un pacte avec le diable en acceptant la révolution maçonnique. Pour une réussite de courte durée, ils ont vendu leur âme. Il n’est pas possible de n’avoir qu’une partie de la révolution. Il faut tout prendre et comme dans le cas d’un taux hypothécaire variable, vous devrez redonner beaucoup plus que ce vous êtes prêts à payer… beaucoup plus que vous pouvez payer.

Mon ami s’est alors tu. Ça arrive parfois quand on dit la vérité.

La légitimité est un géant endormi

Quel plaisir mes amis de vous rencontrer et c’est véritablement l’honneur de ma vie que de me compter des vôtres. C’est ainsi que je me présente à vous, un légitimiste aux États-Unis, qui a maintenant une bonne raison d’être optimiste, car il sait qu’il y a littéralement un géant encore endormi dans ce pays et il y a fort à parier qu’il dort aussi dans bien des pays occidentaux et n’attend que le bon moment pour se réveiller. Et c’est ce qui arrivera en raison de la bonté humaine, de la loi naturelle et plus encore, parce que c’est la forteresse totalement assumée dans le monde de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ.

Comme le vice-directeur de la délégation américaine me le faisait remarquer récemment (c’est vrai que nous progressons à pas de géants) alors que je lui proposais formellement de nous rejoindre à bord du vaisseau de la légitimité, lui disant que nous allions hisser les voiles et affronter des vents contraires, il m’a répondu : « prépare les canons