Les 28 et 29 septembre avait lieu le 107e pèlerinage légitimiste à Sainte-Anne-d’Auray dans le Morbihan.

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Cette année le pèlerinage était marqué par le 40e anniversaire de l’Union des Cercles légitimistes de France (UCLF).

Le sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray a été érigé à la demande de Sainte Anne, la grand-mère de Notre Seigneur Jésus Christ, lors d’apparitions qui commencèrent en 1623 et se poursuivirent pendant plusieurs mois. Cette année-là, la mère de Marie apparut à un pieux paysan breton – Yves Nicolazic – qui nourrissait depuis longtemps une grande dévotion à Sainte Anne.

Le message de Sainte Anne était simple. Elle demandait que soit rebâtie une chapelle qui lui avait été consacrée 924 ans plus tôt et qui était le premier sanctuaire dédié à cette sainte en France. « Dieu veut que j’y sois honorée » disait-elle à Nicolazic.

À la suite d’une enquête épiscopale qui faisait suite à un miracle destiné à convaincre les autorités locales, jusque-là dubitatives devant les affirmations du voyant, le projet d’édification d’une chapelle reçut la permission de Monseigneur de Rosmadec. Le pèlerinage était fondé le 26 juillet 1625 lors de la pause de la première pierre du sanctuaire devant une foule immense.

Naissance du pèlerinage légitimiste en 1844

Le pèlerinage légitimiste a commencé le 29 septembre 1844, jour anniversaire du Comte de Chambord, notre roi Henri V, qui avait alors 24 ans. Les légitimistes, éprouvés par les attaques des partisans de l’usurpateur Louis Philippe, s’étaient donnés rendez-vous ce jour-là à Sainte-Anne-d’Auray pour prier pour le jeune roi.

Pourquoi un pèlerinage légitimiste à Sainte Anne d’Auray ?

Les légitimistes avaient choisi de se réunir à Sainte-Anne-d’Auray en raison de la longue tradition qui liait la famille royale à ce sanctuaire depuis 1628, année durant laquelle la reine Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII, avait demandé qu’on dise dans ce sanctuaire des prières publiques et quotidiennes pour obtenir un héritier qui tardait à venir.

Il faut rappeler ici que Sainte Anne, qui avait elle-même connu l’infertilité avec son mari Joachim avant la naissance miraculeuse de Notre Dame dispose de vertus particulières contre l’infertilité. Ainsi, Nicolazic et son épouse Guillemette souffraient d’infertilité depuis une douzaine d’années lorsque, à la suite des apparitions de Sainte Anne, ils eurent quatre enfants.

Après la naissance de son fils « Dieu donné », futur Louis XIV, en 1639, Louis XIII accorda au pèlerinage une relique de Sainte Anne. Depuis cet événement ce fut une tradition dans la Maison de France de recommander à Sainte Anne la naissance des princes. Les visites et les interventions de membres de la famille royale jalonnèrent l’histoire de ce sanctuaire. Notre roi, Louis XX et la reine Marie Marguerite n’ont pas dérogé à cette tradition en honorant de leur présence le pèlerinage de Sainte-Anne-d’Auray en 2015 pour le 300e anniversaire du rappel à Dieu de Louis XIV.

Après 1844, le pèlerinage légitimiste annuel devient systématique

Il s’agit alors pour les légitimistes de demander à la mère de Marie, ainsi qu’à Saint Michel Archange, le saint patron de la Monarchie Française dont la fête, le 29 septembre, coïncide avec le pèlerinage, de protéger la France et de guider son roi.

Un pèlerinage interrompu en 1914 et relancé depuis 1983

70 ans après sa création, le pèlerinage légitimiste est interrompu par la première guerre mondiale. Il reprendra 70 ans plus tard, en 1983 grâce à la fondation, en 1979, de l’UCLF par Gérard Saclier de la Bâtie et quelques-uns de ses amis.

Le pèlerinage de 1983 fut organisé à l’occasion du 100e anniversaire du rappel à Dieu de Henri V, comte de Chambord.

Depuis lors, l’organisation du pèlerinage légitimiste a été confiée à la Fédération Bretonne Légitimiste (FBL), créée en 1985, qui regroupe les cercles bretons adhérents de l’UCLF.

Caractère unique du pèlerinage légitimiste à Sainte-Anne-d’Auray

C’est un événement unique qui allie harmonieusement piété religieuse et mémoire royaliste. Ainsi, la Messe du dimanche est célébrée dans la chapelle du Champ des martyrs, sur le lieu même ou les troupes révolutionnaires du général Hoche fusillèrent 206 prisonniers de l’Armée des émigrés et chouans qui s’étaient rendus à l’issue malheureuse du débarquement de la presqu’île de Quiberon sur la parole de ce général qui leur avait promis la vie sauve… (Parole de républicain parole de coquin !)

Autre temps fort de ce pèlerinage, le rassemblement autour de la statue du roi Henri V (comte de Chambord) qui fait face à la Basilique.

Ce pèlerinage se caractérise donc par l’alternance de temps forts religieux (consécration de la FBL à Sainte Anne dans le sanctuaire, chapelet sur le lieu de l’une des apparitions de Sainte Anne, Chemin de Croix, Confession proposée dans le Champ des Martyrs suivie de la Messe en rite traditionnel dans la Chapelle située au fond du Champ. Au cours de cette Messe l’UCLF renouvelle sa consécration au Sacré Cœur…) et politiques (Rassemblement et discours au pied de la statue de Henri V, veillée royaliste, conférences à thèmes politiques…).

Tout légitimiste se doit donc d’avoir vécu au moins une fois dans sa vie et de faire connaître ce pèlerinage très fédérateur pour tous les royalistes dignes de ce nom.

 

Pour conclure, laissons la parole à notre roi Louis XX qui lors du pèlerinage de 2015 déclarait :

Nous sommes ici dans un lieu de pèlerinage parmi les plus importants de France… Le Comte de Chambord n’est pas remonté sur le trône de ses ancêtres mais il a conservé intact le principe de la royauté sans l’affadir ni la compromettre. Il nous appartient de continuer son œuvre de fidélité et d’espoir, et de lui rendre l’hommage qui lui revient…

 

Berwick, le 3 novembre 2019