Jair Bolsonaro : l’homme providentiel du Brésil ?

Par Jean-Pierre Aussant

La victoire d’un candidat opposé aux élites mondialistes, mais garant d’un régime politique qui corrompt.

Victoire d’un candidat opposé aux élites mondialistes

Avec 55,13% des suffrages le nouveau président du Brésil obtient une légitimité démocratique sans appel.

Si la sphère politico-médiatique mondialiste — soudainement moins démocrate —  s’étrangle d’indignation, en revanche, pour toute personne qui pense que la vie a été créée par Dieu — et que, par conséquent sa valeur intrinsèque n’est pas négociable–, l’élection de Jair Bolsonaro est une bonne nouvelle. Après tout, Monsieur Bolsonaro a été le seul «présidentiable» à s’être clairement opposé à la culture du « déni du réel » et ses infâmes corollaires naturels que sont la légalisation de l’avortement et du mariage gay.

Un pays corrompu et infesté d’ONG

Notons en outre que l’État brésilien étant faible et corrompu (encore plus que chez nous…), ce pays en l’espace d’une décennie s’est laissé littéralement envahir et infesté par les ONG (organisations internationales non gouvernementales). Ce sont en effet ces ONG (Amnistie international, MSF and Co) qui s’emploient à saper de l’intérieur la culture catholique de ce pays. Il convient aussi de garder à l’esprit que le processus de lavage de cerveau qui a lieu au Brésil diffère un peu de celui que nous connaissons en Europe. Si en France et dans les démocraties de l’ouest, la désinformation et l’abrutissement de la population se fait plutôt du haut vers le bas (c’est-à-dire du monde politique et des médias vers les populations), en revanche au Brésil elle se fait non seulement par le haut, mais aussi à partir du bas, et ce, via l’action de ce sida culturel, vecteur de la culture de mort, que sont en réalité les ONG. Les ONG n’étant, in fine, rien d’autre que les «bonniches à tout faire» du politiquement correct féministo-maçonnique-LGBT-mondialiste.

La question de la faible représentation catholique en démocratie

La victoire de Monsieur Bolsonaro, même si elle est la bienvenue, nous amène cependant à nous poser une autre question qui est peut-être la plus fondamentale de toutes : comment se fait-il que dans un pays aussi catholique que le Brésil qui compte des milliers d’intellectuels courageux, le seul individu qui ait réussi à se faire le porte-parole contre la pensée unique et contre la culture de mort soit protestant ?

C’est que comme pour la France, un catholique résistant qui prendrait le pouvoir serait bien trop dangereux pour le politiquement correct régnant. C’est pourquoi, pour ne citer qu’un exemple, cela n’est probablement pas un hasard que l’un des seuls porte-parole anti-système tolérés par la dictature mondialiste soit un Éric Zemmour, sa religion juive en faisant un «rebelle certifié conforme».  De même, cela n’est sans doute pas un hasard non plus si le chef de file des résistants brésiliens (pourtant pays catholique) est protestant. En cela, comme pour Zemmour en France, la dictature  choisit le moindre mal.

Et en effet, il est probable qu’au sein de ce régime qui corrompt, très rapidement M. Bolsonaro finisse par se mettre au pas, soit par le truchement des pressions culturelles, soit par des pots de vins que le système ne manquera pas de lui offrir, soit des deux façons. M. Bolsonaro, ancien catholique, étrangement converti au protestantisme (sans doute pour des raisons de carrière politique) ne sera donc pas ce sauveur inespéré dont le Brésil, catholique, aurait besoin.

Pour la dictature mondiale qui par le truchement des ONG, a infesté le Brésil, M. Bolsonaro est un moindre mal. Sans doute est-ce pourquoi, il a pu accéder à la présidence. Souhaitons-lui quand même bonne chance.

Jean-Pierre Aussant


Des “opposants” non opposés au régime

Par Mabblavet

Pour compléter l’analyse ci-dessus, remarquons que pour le système, des leaders d’opinion contestataires comme un Bolsonaro ou un Zemmour, présentent l’énorme avantage de mobiliser l’opposition, de canaliser le mécontentement, sans remettre en question le régime lui-même, son mode de gouvernement. Sans doute trouve-t-on là une explication essentielle de la non-représentation des catholiques en politique. En effet un Louis de Bonald explique :

Il y donc deux peuples en Europe,
– les peuples de l’unité religieuse et de l’autorité, et
– les peuples de la pluralité et du sens privé ;

et comme les dogmes religieux se formulent, pour me servir de l’expression à la mode, dans des dogmes politiques, il y a un peuple monarchique et un peuple démocratique, et il n’y en pas d’autres, et c’est la différence de ces deux peuples, cause unique de leurs divisions, qui depuis trois siècles ensanglante l’Europe.

Il s’ensuit donc qu’il n’y a de possible en constitutions politiques, que la monarchie et la démocratie, le pouvoir d’un ou celui de plusieurs. Si toutefois on peut appeler la démocratie une constitution et faire ainsi d’une maladie le tempérament du corps social, c’est-à-dire un état de force et de santé 1.

Ce constat est aussi celui de l’ancien ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon qui affirme :

À côté de la forme républicaine, il faut « la mentalité et la moralité républicaine ». La France a cette singularité qu’élevée dans la religion catholique, n’ayant pas su faire droit à la Réforme, elle n’a pas fait pénétrer dans ses mœurs une religion du libre examen, de l’égalité et de la liberté. Il faut donc à la fois déraciner l’empreinte catholique, qui ne s’accommode pas de la République, et trouver, en dehors des formes religieuses traditionnelles, une religion de substitution qui arrive à inscrire jusque dans les mœurs, les cœurs, la chair, les valeurs et l’esprit républicain sans lesquels les institutions républicaines sont des corps sans âme qui se préparent à tous les dévoiements. […] Le républicain, c’est l’homme. En d’autres termes : la religion républicaine, la religion de l’homme, où chacun est digne, respectable, conscient de sa valeur, indéfiniment perfectible. […] La religion républicaine est une religion des droits de l’homme, c’est-à-dire dire de l’Homme qui doit se faire Dieu, ensemble, avec les autres, ici bas, et non pas du Dieu qui se fait homme à travers un seul d’entre nous 2.

Le catholique Bonald et le révolutionnaire socialiste Vincent Peillon sont donc d’accord : le système démocratique et républicain n’est pas adapté à la religion catholique, aussi comprend-on que les catholiques soient peu à l’aise, peu représentés et systématiquement perdants avec ce régime.

Mabblavet

Références   [ + ]

1. Louis de Bonald. Réflexions sur la Révolution de Juillet 1830 et autres inédits. Éd. DUC/Albatros, 1988, p. 44-53.
2. Vincent Peillon, Une religion pour la République, la foi laïque de Ferdinand Buisson, Éditions du Seuil, Janvier 2010, p.34-35-36.