FBL : Une journée de formation intensive

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Un public jeune venu travailler pour Dieu et le Roi

Qui a dit que les jeunes ne s’intéressaient plus à la politique ? La moyenne d’âge des participants à la session de formation, organisée par la Fédération Bretonne Légitimiste ce samedi 17 mars 2018 à Rennes, était de 26 ans. Outre le Président de l’UCLF et le Président de la FBL, on comptait aussi plusieurs membres de l’Université d’été de l’UCLF et du Forum royaliste.

Au programme, trois conférences dont les thèmes avaient été retenus pour aborder les enjeux de notre temps :
– les principes d’unité d’une société traditionnelle.
– le paradigme gnostique de la post-modernité : le transhumanisme.
– les origines de la nouvelle conception des rapports Église/État inaugurée par Léon XIII.

Les trois degrés de légitimité

Dans la première intervention Marc Faoudel traite de la manière dont la modernité fondée sur l’immanence tente de résoudre l’unité des sociétés. Le conférencier donne ensuite la solution traditionnelle fondée sur la transcendance : il dégage ainsi trois degrés de légitimité sur la base desquels l’autorité politique peut réaliser l’unité en respectant la liberté :
– Premier degré de légitimité : est légitime tout pouvoir qui reconnaît la loi naturelle et garantit à ses subordonnés le droit naturel de vivre selon cette loi.
– Deuxième degré de légitimité : Il n’existe pas de loi sans législateur, aussi l’autorité politique acquiert de la légitimité quand elle reconnaît et rend un culte à l’Auteur de la loi naturelle et garantit à ses subordonnés le droit divin de vivre selon la loi divine.
– Troisième degré de légitimité : La légitimité de l’autorité s’accroît encore quand elle reconnaît comme modèle le Christ-Roi serviteur de tous jusqu’au sacrifice.
Avec les trois degrés de légitimité seule la monarchie traditionnelle peut réaliser l’unité de populations hétérogènes en respectant leurs identités.

Origines gnostiques du transhumanisme

La deuxième conférence faite par Denis Dufour porte sur les origines gnostiques et millénaristes de la modernité. La gnose contient cette idée d’une création inachevée et d’un homme appelé à faire évoluer lui-même son espèce vers une nature plus élevée, une nature divine. Une passionnante enquête conduit l’auditoire sur les traces de la gnose et du millénarisme à travers les siècles, de Marcion à Pélage en passant par Mani, de Joachim de Flore, aux béguins, aux lollards, aux puritains du Mayflower, jusqu’à la contemporaine gnose de Princetown. Cette dernière jette les bases de notre civilisation post-moderne dans laquelle la science est réconciliée avec une spiritualité… gnostique. Grâce à la technologie, notre XXIe siècle perçoit enfin la possibilité de réaliser une humanité augmentée à volonté, un surhomme que l’on cherche à rendre immortel. Le transhumanisme n’est en réalité que le dernier avatar de la vieille gnose réactualisée, et constitue le paradigme des grandes sociétés mondialisées du GAFA, acronyme de Google, Apple, Facebook et Amazon. La tentation de l’Antique serpent demeure donc plus que jamais d’actualité : « Si vous mangez de ce fruit (de la connaissance du bien et du mal), vous serez comme des dieux ».

Les présupposés théoriques de l’encyclique de Léon XIII sur le Ralliement

Jacques Savéan, dans la dernière intervention, revient sur les origines du Ralliement de l’Église à la République. S’il est généralement admis que le pape Léon XIII fut un grand pape antilibéral sur le plan doctrinal, on lui reproche un certain libéralisme pratique lorsqu’il préconise le ralliement à la République dans l’encyclique « Au milieu des sollicitudes ». Une analyse des attendus doctrinaux de ce document révèle un certain flou doctrinal, parfois en contradiction avec les principes exposés dans les encycliques que le même Souverain pontife a précédemment publiées. Léon XIII se montre ici très influencé par l’interprétation faite des enseignements de saint Thomas d’Aquin par l’école de Salamanque, en particulier celle du jésuite Francisco Suárez (1548-1617). Rompant avec la doctrine traditionnelle du droit divin, Suárez a développé la théorie contractualiste d’une démocratie originelle selon laquelle l’autorité politique tient son pouvoir de Dieu par l’intermédiaire du peuple, selon la formule très contestable omnis potestas a Deo… per populum.

Perspectives

À l’issue de cette journée ponctuée d’un joyeux repas, de nouveaux liens s’étaient tissés et les cœurs se sont regonflés d’une ardeur conquérante.
La richesse des thèmes abordés au cours de ces conférences a suscité des discussions passionnées et a permis de dégager de nouveaux axes de recherche qui seront proposés à l’Université d’été de l’UCLF. Ils donneront sûrement l’occasion de nouvelles publications dans La Gazette royale et sur le site viveleroy.fr.